<br />
Belle capture.<br />
<br />
<br />
La photographie des gens qui nous entourent me tente souvent.<br />
<br />
<br />
Mais je n'y arrive pas.<br />
<br />
<br />
J'ai l'impression de voler une part de leur "être".<br />
<br />
<br />
Leur "être", sans doute pas, moins que dans un portrait. Dans la street photography telle que je la pratique, je vole surtout leur apparence; sur leur action, leur attitude, je plaque mes<br />
histoires, je les mets en scène à leur insu dans une pièce que j'écris pour eux. Je profite de leur présence dans le cadre pour raconter quelque chose qu'ils m'évoquent. Cette dame au chien rose<br />
fait sourire; on pourrait bien sûr aussi ricaner; mais elle dit des choses sur la présence des animaux de compagnie auprès de nous. Ce n'est pas de son être particulier dont il est<br />
question, mais de notre condition humaine, belle et tragique. J'emprunte des visages particulier pour parler de tous. Lors de la diffusion de l'image, ses lecteurs ajoutent leur propre<br />
vision et s'éloignent encore plus de l'être réel.<br />
<br />
<br />
<br />
Les rues, le hasard. C'est le journal de ma ville, mon journal aussi. Une approche joueuse, "au sentiment". Au flâneur, le quotidien révèle ce qu'il porte d'insolite, de merveilleux, poétique, drôle. D'imprévu. Un théâtre de rue, en quelque sorte.